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(Temps de lecture total estimé: 15 minutes)

Avant-propos

Ce billet ne dira pas que les journalistes sont tous formidables et incompris. Il ne va pas non plus vous affirmer qu’ils sont tous corrompus et aux ordres. Il propose quelque chose de légèrement différent : regarder la neutralité en face, sans complaisance, et sans procès expéditif.

Introduction

Il y a des mots qu’on croit connaître parce qu’on les entend tout le temps. « Neutralité journalistique » en fait partie. On l’agite dans les débats, on la soupçonne d’être une imposture, on la confond avec la tiédeur ou le relativisme. Et on finit par ne plus trop savoir si elle existe vraiment, ou si c’est juste un concept poli pour habiller des choses moins avouables.

Une précision utile avant d’entrer dans le vif : la neutralité dont on parle ici est d’abord une exigence professionnelle: celle des journalistes, qui ont la responsabilité spécifique, en démocratie, d’informer le citoyen. Pas de n’importe quelle façon. Avec des faits vérifiés, des sources recoupées, et une résistance active à la tentation de plier la réalité pour qu’elle colle à ce qu’on aimerait qu’elle soit. Ce n’est pas une exigence qu’on impose à tout le monde (elle demande au contraire des compétences et un apprentissage actif), mais c’est celle qu’on est en droit d’attendre de ceux dont c’est le métier. Cela dit, si en lisant vous vous surprenez à vous reconnaître quelque part dans les travers décrits, en tant que lecteur, consommateur d’information, ou être humain doté de biais cognitifs bien entretenus, dites-vous que ce n’est pas un hasard: c’est même probablement le signe que vous êtes au bon endroit, et que vous lisez le bon billet.

Trois textes composent cet article. Ils sont présentés dans un ordre délibérément choisi : une histoire d’abord, pour entrer par l’émotion. Un développement ensuite, pour comprendre. Un angle de vue sans filtre pour finir, parce que certaines vérités méritent d’être dites sans gants.

Le jour où, de journaliste, je suis devenu influenceur

(Temps restant : 13 min)

Ce qui suit est un témoignage fictif. Fictif, mais qui présente cette propriété un peu dérangeante des bonnes fictions : celle de sonner terriblement vrai. Un journaliste raconte le jour où il a glissé. Pas brutalement. Pas consciemment. Par petites étapes indolores, chacune parfaitement justifiable sur le moment. Comme une grenouille dans une casserole. Jusqu’à ne plus pouvoir que constater l’étendue des dégâts.

C’est probablement le texte le plus inconfortable des trois. Non pas parce qu’il accuse quelqu’un en particulier, mais parce qu’il décrit un mécanisme. Et que les mécanismes, eux, ne mentent pas.

Cette histoire pose une question que le témoignage n’épuise pas : si la neutralité se perd aussi facilement, par glissements successifs et bien intentionnés, c’est peut-être qu’on ne l’a jamais vraiment comprise. Qu’on l’a confondue avec autre chose: la tiédeur, le silence, l’équilibre de façade. Le texte qui suit démonte ces confusions une par une.

La neutralité journalistique : une boussole de la liberté

(Temps restant : 10 min)

Le développement principal du propos. Ce texte ne cherche pas à émouvoir, mais à clarifier. Ce que la neutralité est. Ce qu’elle n’est pas. Pourquoi elle est si difficile aujourd’hui. Et pourquoi l’abandonner n’est jamais anodin, même quand on se dit que c’est pour la bonne cause.

Ce truc désuet dont personne ne veut… sauf la démocratie

(Temps restand: 5 minutes)

On a vu le mécanisme de l’intérieur. On a vu les fondations de la notion. Il reste une chose à faire : prendre du recul, regarder le tableau complet et ne pas s’encombrer de ménagements. Le texte le plus court. Et probablement le plus direct.

Conclusion

(Temps restant: 1 minute)

Trois textes, trois entrées dans le même sujet. On espère que vous aurez trouvé dans l’un, l’autre, ou tous, des éléments qui auront pu susciter en vous une réflexion sur ce qu’est réellement la neutralité journalistique.

Ce qu’ils disent ensemble est simple : la neutralité journalistique n’est pas une posture idéaliste. Ce n’est pas non plus une garantie que l’information sera parfaite, ni que les journalistes seront irréprochables. C’est un outil ingrat, lent et peu spectaculaire, qui empêche les faits de devenir des accessoires et les récits de devenir des armes.

Et dans un monde qui préfère de plus en plus les miroirs aux fenêtres, un outil qui permet encore de regarder dehors mérite qu’on se batte de toute sa conviction pour le garder.

Même si c’est ringard.

La neutralité journalistique est un des fils ténus qui nous maintiennent accrochés à la Démocratie, et à la Liberté.

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