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Je suis récemment tombé sur cette citation d’Edgar Poe: « Ce n’est pas dans la connaissance qu’est le bonheur, mais dans l’acquisition de la connaissance ».

Sous un aspect anodin, cette citation a des implications très importantes dans la connaissance du développement de l’enfant et des processus d’apprentissage.

Introduction

Cette citation fait partie de la classe des citations dites de « ce n’est pas le but qui compte mais le chemin », une classe au cardinal au demeurant particulièrement imposant.

Je n’avais jamais réalisé tout ce que cette citation implique, mais c’est assez fondamental, nonobstant l’aspect philosophiquement correct de la citation, que l’on aurait envie de réciter avec un chapeau et un accent chinois, ou bien avec une toge grecque et un verre d’ambroisie à la main.

Une caractéristique fondamentale de l’homme

Dans la longue chaîne de l’évolution, l’homme n’a pas été sélectionné pour sa capacité à stocker des connaissances. Beaucoup d’animaux avant nous le font pratiquement tout aussi bien. Non, l’homme a été sélectionné par l’évolution pour sa capacité à résoudre des problèmes. Autrement dit, pour sa capacité à acquérir des connaissances. La citation de Poe, ainsi que toutes ses sœurs, nous rappelle que là est le propre de l’homme, là est son accomplissement évolutionniste: il est dans ses gènes d’acquérir des connaissances. L’homme s’accomplit beaucoup plus en résolvant des énigmes et en acquérant des connaissances qu’en les stockant dans sa mémoire.

Conséquences pour l’apprentissage

Les implications de cette caractéristique sont grandes.

  • Dans le cadre de l’apprentissage, de l’école, il serait temps de mettre l’accent sur le processus d’apprentissage plutôt que sur la sanction de la connaissance stockée. L’homme est curieux par nature, mais cette curiosité vient en premier de son besoin de résoudre des problèmes. Un problème, une énigme, stimule sa curiosité, le pousse à la résoudre et par là même à apprendre. Apprendre pour apprendre ne génère aucune stimulation chez lui, mis à part le forçage par l’obligation sociale. Si les pédagogies alternatives commencent à faire florès, c’est bien parce qu’elles répondent à une meilleure adéquation avec le mécanisme fondamental d’apprentissage chez l’homme.
  • Lorsque l’homme n’a plus de problèmes à résoudre, de défis à relever, alors il tombe dans un mode attentiste et délétère, où ses connaissances ne lui servent plus qu’à augmenter encore et encore son confort, et à se couper des potentiels défis qu’il aurait à relever. Ce cercle vicieux est à la base de toutes les décadences des sociétés passées. L’homme ne se consacre plus qu’à la recherche de plaisir ou de pouvoir, et se coupe de son besoin fondamental de découverte, ce besoin même qui lui a permis de survivre alors que ses caractéristiques physiques seules le condamnaient.

En conclusion

Parents, enseignants, référents, consacrez toute votre énergie à stimuler la curiosité des enfants, à les habituer à rechercher des problèmes à résoudre, des défis à relever. Leur soif d’apprentissage sera exaltée, leur imagination se renforcera et leur persévérance se solidifiera.
Et plutôt que vérifier qu’ils savent, vérifiez qu’ils ont toujours soif de savoir.

One thought on “Soif d’apprendre, centre de l’homme”

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